Arrêtons les frais avec les Outlaws

L’explication made in New 52 du « différend » entre Roy et Oliver est à chier. Complètement. à. chier.

J’ai besoin de développer mon coup de gueule d’hier, so bear with me.

J’ai habituellement du mal à réellement abandonner des séries et comics, mais là c’est pas possible. J’ai beau avoir une légère obsession sur Jason Todd, ils ont finalement dépassé les limites de ce que je pouvais supporter.

J’ai plusieurs petits problèmes avec la timeline des New 52. J’aime pas du tout la façon dont ils ont tout condensé. Pour les personnages autour de Batman (dont Jason), ça change beaucoup de choses, mais aussi par exemple pour Roy et Oliver. A la base, Oliver et Bruce représentent des figures paternelles pour Roy et Jason. Chose qui est désignée comme telle dans les New 52. Pourtant si on regarde leurs origines, et là je parle surtout pour Roy, ça n’a aucun putain de sens. Roy et Oliver ont été « amis » (et je mets des guillemets parce que même ce terme parce que Roy était un employé d’Oliver, en fait) pendant 6 mois. Expliquez-moi comment on construit une relation comme celle de Roy et Oliver en 6 mois. Une amitié forte, je peux éventuellement y croire (à lire le numéro en question sans contexte, honnêtement, on peut même se dire qu’ils étaient ensemble), mais qu’ils ne fassent pas référence à une relation père/fils dans le reste de l’histoire. Déjà, ça, ça m’a gonflée. Si vous voulez bouleverser des choses pour écrire une nouvelle histoire, okay, mais faites-le avec un minimum de cohérence.

Dans cette timeline, Roy est alcoolique, on le sait depuis le départ. Bon, c’est en quelque sorte plus léger que son addiction à l’héroïne, mais ils auraient pu garder grosso modo le même modèle pour l’évolution brutale de la relation entre Roy et Oliver. Je ne me suis donc pas trop inquiété avant les derniers numéros, même si je trouvais dommage de vouloir lisser un peu la chose. Le problème, c’est que forcément, conséquemment à ce que j’expliquais au-dessus, il n’était pas possible que le même genre d’évènements se produisent. Pour moi, dans les New 52, la rancoeur de Roy envers Oliver est tout simplement ridicule. Si j’avais été Jason (puisque Jason est au courant de ce qu’il s’est passé), je peux vous dire que j’aurais activement poussé Roy à revoir Oliver bien avant, au lieu d’alimenter cette image de connard.
Par rapport à un Oliver-figure-paternelle qui rejette son fils adoptif quand il découvre qu’il est accro à l’héroïne (et qui donc a effectivement des choses à se reprocher), j’ai du mal à accepter et à prendre au sérieux une relation aussi conflictuelle entre un patron et le génie alcoolique à peine plus jeune qu’il a pris sous son aile mais qu’il vire 6 mois plus tard parce qu’il a dit des conneries en étant bourré pour la énième fois. Roy passe donc pour une grosse quiche d’ingrat hystérique. Oh, oui, j’oubliais. L’engueulade qui pousse finalement Oliver à virer Roy arrive quand ce dernier découvre qu’Oliver est Green Arrow. Je trouve que ça rajoute une dimension comique à l’absurdité de tout ça. Roy reproche donc à Oliver, qui le connaît depuis 6 mois (et ne peut pas être Green Arrow depuis beaucoup plus longtemps, a priori), de ne pas lui avoir fait confiance et de l’avoir utilisé comme arsenal. Je le mets en italique, puisque c’est le nom que s’est donné Roy. Où est la logique ? Roy a beau avoir des gros problèmes d’estime de soi, je ne vois pas comment/pourquoi il s’attribuerait un nom qui désigne ce qu’il ne voulait pas être pour Oliver dans le contexte d’une séparation aussi effective que possible. JE NE COMPRENDS PAS. D’après mes lectures, Arsenal a toujours été supposé être son nom à lui, la preuve mature de son indépendance. Et là, c’est pire que prendre le truc à l’envers, c’est juste n’importe quoi.

Pour moi, le traitement de l’alcoolisme de Roy est tellement mal fait que ça me semble potentiellement offensant. Ce que je ressens par rapport à ça, c’est qu’ils ont tourné ça en ridicule en voulant le traiter un peu sérieusement mais pas trop, pour pas alourdir l’atmosphère du titre. Ben oui mais non. Je parle même pas de la couverture que j’ai utilisé pour illustrer l’article ; après 4 ans de comics hebdomadaires, j’ai bien compris que ça pouvait marcher un peu comme les couvertures de Paris Match. Notez la représentation d’Oliver au passage, on dirait vraiment un méchant sans coeur ni principes moraux. Alors, je sais pas. peut-être que Scott Lobdell devrait regarder la série Mom, ça m’a semblé mieux gérer le combo légèreté/alcoolisme.

Pendant longtemps, je me suis dit que c’était normal que certains titres des New 52 soient plus légers et se tournent ouvertement plus vers la comédie.
Mais plus j’y pense, et plus je me dis que Roy, Jason et Koriand’r n’étaient pas spécialement un bon choix pour garder cette ligne éditoriale à long-terme. Parmi les personnages que je connais, ils sont quand même assez haut dans le classement des gens qui ont eu une vie pas facile. Esclavage, addiction à l’héroïne/baby daddy, mort/lavage de cerveau, bon, c’est dur de caser tout ça dans un truc léger, nous en conviendrons. C’est pas impossible mais ça demande du talent. Gail Simone (au hasard)(Gail, mon idole) aurait certainement pu rendre justice à ces personnages sans les lisser comme ça. Secret Six. Point made.

Ils ont aussi utilisé le fait que Kori ait été esclave, mais alors bon. C’est surtout un moyen de la faire péter un plomb et une raison pour retrouver Crux, y’a pas d’émotion qui passe quand c’est évoqué, bref c’est naze.
Jason. Bon. Ce que j’aime chez Jason, c’est la complexité de son personnage, qui est quand même une zone très grise entre Batman et un ennemi « classique » de Batman. Dans les New 52, rien à voir. Il a failli faire partie de la Ligue des Assassins si j’ai bien compris, après l’intervention de Talia. Là encore, on sent une relation antagoniste avec Bruce, on sait pas trop pourquoi. Et il est parti bouder après que Batman ait voulu en savoir plus sur son retour à la vie pour ressusciter Damian. Encore une réaction pour laquelle je souhaiterais des explications. Jason est supposé avoir mûri etc. Batman vient de perdre son fils. Encore, pourrait-on dire. Je pense que le Jason qu’on nous présente depuis le début aurait pu quand même comprendre que Bruce veuille faire ça, et lui pardonne sa mauvaise façon de faire.
Bref. Les personnages sont écrits avec les pieds, ou avec la queue, concernant Kori (je vais même pas me lancer là-dedans, y’a suffisamment d’articles là-dessus, et y’a même une partie « controversy » sur la page Wiki de Starfire), et mis à part ce qui reliait Jason à l’arc Death of the Family, je me suis pas vraiment sentie concernée avant de finir par m’énerver.

J’adore Jason, vraiment, lui et Roy sont des personnages importants pour moi, mais je peux plus continuer à lire une telle merde. Entre le sexisme et le manque de crédibilité concernant les relations avec les personnages extérieurs au titre, et des nouvelles origines qui me semblent nazes (voire offensives, dans le cas de Roy), euh, voilà, non, ça ne me divertit plus du tout.

Pas merci Scott Lobdell. Parce que les arcs avec Jason, y’en a pas 12 000.

2 réflexions sur “Arrêtons les frais avec les Outlaws

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